Alabama mon amour

C’est une démarche sans but, un blog comme ça. Pour écrire ce qu’une française peut ressentir après 12 ans aux US, New York, Californie, Alabama… Alors enjoy, ou pas.

31 mars 2008

C’est cela, Thérèse…

Les Américains vous appellent par votre prénom. Surtout mon Plombier, facteur, c’est comme ça, il faut s’y faire.

Je ne sais pas si certaines personnes se sont plaintes, mais parfois, quand vous remplissez un formulaire, la question suivante vous est posée : « comment souhaitez-vous que l’on vous appelle ? », et il y a même une case pour votre surnom. Avez-vous déjà songé à appeler Bill Clinton William ? I didn’t think so. – non, ça marche pas pour Bush (qui se fait cependant appeler George W), parce qu’ici ON NE VEUT PAS EN PARLER et on retient sa respiration jusqu’en novembre.

Bien qu’un nom de famille soit plus personnel, un prénom est, à mon sens, bien plus intime. J’ai un peu de mal quand la nouvelle secrétaire de mon dentiste laisse un message sur mon répondeur : « Ariana, c’est Molly du cabinet dentaire…(Molly ??? ils avaient fumé quoi, ses parents, au moment de choisir le prénom ? -- je sais, je critique, chacun ses goûts, mais bon, c’est MON blog.)

Il y a aussi la caissière du supermarché qui me rend ma carte de crédit avec un : « Merci, Ariana, bonne journée ! » (Elles sont toujours dans les champs, les vaches qu’on n’a PAS gardées ensemble ???) Et puis, l’infirmière du cabinet médical qui hurle en ouvrant la porte de la salle d’attente, pleine à craquer : « Ariana, sur la balance, vous avez fait pipi dans la petite boite ? » euh…non, pas encore, maman…

Quand mes élèves me disent : « Miss Ariana, je n’ai pas eu le temps de travailler ma flûte, cette semaine » (En UNE phrase, deux choses que je déteste, la leçon commence très mal), Miss Ariana, non mais pourquoi pas Mademoiselle Rose, petit insolent ?

Le pire, c’est à Starbucks (j’en parle beaucoup, dans mon blog, pour une nana qui n’aime pas ça… ça vaudrait bien un p’tit coup de psychanalyse, tiens.) aux heures de pointe – ça m’arrive, quand le besoin véritable d’un mauvais café se fait sentir – Alors voilà, on passe sa commande tranquille, la nana derrière la caisse vous demande votre prénom, vous lui donnez, -- dans mon cas, rapport à mon accent et à l’extrême vacarme de l’usine la machine à café, je le répète trois fois puis finis par l’épeler, énervement de la pétasse derrière moi qui peut bien aller se faire torréfier chez les grecs, et vous attendez que le faiseur de café, qui, comme par magie (et oui, Ugarte, j’y crois), sait EXACTEMENT ce que vous avez commandé à la sourdingue de la caisse, prépare l’infâme breuvage et HURLE, non seulement votre prénom, mais votre commande : « Ariana, un americano avec room for cream – je n’en mets pas, mais c’est toujours trop rempli, et un glaçon –sinon c’est bouillant et je mets trois plombes à le boire, je ne suis plus étudiante au conservatoire, que diable), alors je m’avance, profil bas, pour prendre ma boisson.

 

Moi qui aime à penser que le moment de prendre mon café est synonyme de calme et d’intimité, c’est plutôt foutu.

 

Oh, non, je ne vous demande pas, bienveillant lecteur, de m’appeler Madame Lamento (je vous vois venir…), nous sommes entre nous.

 

De toutes façons, Ariana, c’est pas mon vrai prénom, alors…


J'vous mets un p'tite photo de mon printemps, en attendant un nouvel album l'année la semaine prochaine
arbres_en_fleur

 




Suggestion musicale du jour :

Can she excuse my wrongs

Sébastien Marcq

van Eyck

Der Fluyten Lust-Hof

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28 mars 2008

Un quotidien sans pain.

Comme vous les savez tous, il n’y a rien de tel que du bon pain.

 

Imaginez le souci pour nous, les expats. A Paris, je descendais volontiers une station de métro plus loin pour une bonne baguette, mais ici, un continent plus loin, avouons-le, c’est moins commode.

 

A New York, le manque ne semblait pas trop se faire sentir : charme de la nouveauté, je me bourrais d’ « everything bagels » entre les répétitions, achetais des nans au restaurant indien d’en face, Baluchi’s, l’eau fraîche et l’amour faisaient le reste.

 

 

Et puis se fut le désert californien pendant les cinq premières années. Pas le moindre petit bout de pain décent à se mettre sous la dent. Si bien que lorsque je rentrais en France, j’avais droit chaque jour à des « Tu as mangé TOUTE la baguette ?!! » de ma mère.  Et aussi tous les croissants, môman…

 

Finalement, et ce pour une raison inconnue qui me ferait PRESQUE croire en une intervention divine, la meilleure boulangerie de la ville décida de livrer son pain au Farmer’s market de mon quartier. Que dis-je, de mon quartier, DE MA RUE ! Je pouvais aller acheter mon pain A PIED !!! Inutile de vous dire qu’il y avait du pain frais à la maison tous les jours. Entre ça et les podcasts de France Inter, ma qualité de vie s’améliora de 20%.

 

 

Et puis on a déménagé

 

Au bout de trois mois en Alabama, je découvris Panera.

Panera
 

 

 

Au bord du désespoir, j’y achetai une « French » baguette. Et elle se révéla tout à fait acceptable (non, pas parce que je l’avais mis sous le bras en sortant de la boulangerie et qu’elle avait ainsi acquis ce goût de « je-ne-sais-quoi » que les Américains, avec répugnance pensent qu’on donne à notre pain  -- une baguette à l’aisselle, quoi si, si, je l’ai entendu dire, c’est véridique. Il faut quand même être un peu dérangé ou franchement con, welcome !!!). Baguette acceptable, donc, croustillante, dense, qui vieillit bien, se congèle à merveille.

 

Je suis aux anges, quand voici ce que je lis sur l’emballage :

baguette

 


 

Et ta sœur, elle bat l’beurre ?


Suggestion musicale du jour:

Beethoven, Symphonie N°7, Op. 92-2,

Allegretto

Christopher Hogwood

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25 mars 2008

Moa et moa

Voici ce que votre fille peut vous demander comme cadeau pour satisfaire son narcissisme (bien naturel et à son âge), et le vôtre (beaucoup moins pardonnable.)

IMG_0688

Une poupée qui lui ressemble trait pour trait, SA JUMELLE !!!

 C’est-y pas touchant ?

Elle pourra donc lui dire vingt fois d’aller se brosser les dents, de ne pas lui demander des chips quand elle est au téléphone, de s’asseoir correctement à table et de finir ses haricots verts, de ranger sa chambre, de ne pas pousser serrer si fort son petit frère, d’arrêter de vouloir toucher son front avec ses pieds comme à la gym quand elle la coiffe…

 

Hum, finalement, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée, cette poupée jumelle.

 

 

Ma puce !!! Viens voir ici 5 minutes, s’il te plait…

 

 

 

 

Suggestion musicale du jour :

 

Alcina – Aria

Tornami a vagheggiar

G.F. Händel

Emma Kirkby

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21 mars 2008

Solidarité féminine, my a***

Le_panneau



Voilà une photo pour notre chère Codichon, qui appréciera sans doute la délicatesse de ce magasin américain envers les femmes enceintes. Comme il s’agit de Babier R Us, ils ont plutôt intérêt à se mettre les futures mamans dans la poche, si j’ose m’exprimer ainsi. Evidemment, pas d’amende pour les contrevenantes, on vous fait confiance.

 

Et bien figurez-vous que dans les 10 minutes qu’il m’a fallut pour extraire Titi de son nouveau siège auto, chercher un caddie, mettre son coussin, mettre Titi dans le caddie, chercher mes clés, fermer la voiture, retourner à la voiture pour chercher le gobelet ;-) de Titi, lui prendre les clés des mains en négociant avec ledit gobelet, les remettre dans une des 10000 poches extérieures de mon sac, ramasser mes lunettes de soleil tombées par terre, et les 10 minutes pour faire tout cela à l’inverse, avec en plus rechercher dans le caddie que j’avais rapporté le gobelet (encore) que j’y avais oublié, au moins 8 nénettes se sont garées dans ces places réservées, et qui n’étaient MÊME PAS enceintes !

 

Quand l’une d’elles m’a vu prendre en photo le panneau dans l’idée de le mettre sur ce billet pour Claudie, puis me retourner vers sa voiture, elle a fait une marche arrière à faire pâlir un pilote de F1. 

 

Et Titi a ri du rire que maintenant vous lui connaissez.

 

Non mais sans blague.

 

Suggestion musicale du jour :

 

Poulenc

Stabat Mater

Kathleen Battle

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20 mars 2008

Un an

Notre Titi (inter)national a un an aujourd'hui.

 

Donc, il y a un an, je me pointe à l’hôpital, pour la naissance programmée du petit chou.

Je remplis les quarantaines de feuillets d’usage qui serviront à déculpabiliser l’hôpital au cas Zou, (remarquez, c’est mieux de le faire en arrivant que penchée en avant sur la table de travail avec une seringue de péridurale dans le dos, au milieu de contractions, comme c’est arrivé à mon amie R. – que je n’avais jamais entendu jurer à ce point là, et croyez-moi, en hébreu, ça fait son effet), j’attends 2 heures, envoie mon mari se renseigner, quand l’infirmière se pointe devant moi et dit : « votre gynéco a annulé la naissance, car vous avez accouché chez vous la semaine dernière avec l’aide d’une sage femme .» Woah, pensè-je, les progrès de la médecine, quand même, c’est fou, et j’ai rien senti !

Toutefois, comme il doit y avoir une BONNE raison pour ma présence ici, l’infirmière regarde mon ventre (que même que quand j’étais enceinte de 6 mois on croyait que j’attendais des quintuplés pour la semaine suivante, alors vous pensez, à terme – rapport à ma petiiiiite carrure), et dit, en femme qui connaît son métier : « you’re still pregnant, aren’t you ? » Excellent sens de l’observation. Elle se renseigne auprès de mon OB (c’est comme ça qu’on appelle un gynéco ici, plutôt approprié, donc), et revient en disant que oui, finalement, on pourra faire naître le petit aujourd’hui.

Ouf.

Encore une belle journée.

Qui se finit avec un magnifique petit garçon tout brun qui s’endort contre ma généreuse poitrine, après m’avoir longuement scrutée de ses beaux yeux noirs, comme seuls les tout nouveaux-nés peuvent le faire.

 

Mes expériences de grossesses/naissances dans ce beau pays ont toujours été anecdotiques et plaisantes, jamais dramatiques et désagréables.


Bon anniversaire, Avi!

 

Suggestion musicale du jour, pour mon Titi :

 

Quel fiasco, Hélène Bohy, A l’eau !!!

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18 mars 2008

La bonne parole

Le maire de ma ville va d’église en église (il pourrait le faire à cloche pied tellement il y en a ici) pour conseiller aux gens de rentrer chez eux et de battre leurs enfants.  Il pense ainsi réduire la criminalité dans les rues.

 

Intéressant.

 

Révoltant.

 

Mais vrai. Le plus dommage, c’est qu’il vient d’être élu.  Encore 4 ans de connerie à tirer.

 

 

Suggestion musicale du jour :

 

Suite en mi mineur pour deux théorbes

Robert de Visée

Eric Bellocq, Massimo Moscardo

Corbetta, Visée, Suite pour Guitars and Theorbos

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14 mars 2008

French Transference (1)

S’il y a bien un truc qu’on ne m’a JAMAIS dit en France, c’est que je « faisais » française. On m’a soupçonné d’être Iranienne, Tunisienne, Marocaine, Algérienne (enfin, surtout les flics), Libanaise, Equatorienne (???), Israélienne, mais jamais Française de France.

(Jamais Suédoise non plus, remarquez bien)

 

Mais ici, j’ai le droit à « Oh, you look SO French », à tous les coins de rue. Première nouvelle, donc, au début je ne savais pas bien comment le prendre, et j’ai fini par m’apercevoir que c’était un compliment. Les gens me disent aussi « oh, you’re SO petiiiiiite ! » --  rapport à la carrure, pas à la taille. En fait, je suis petiiiiiite ET petite. J’ai ensuite compris que French et petiiiite vont ensemble (à noter d’ailleurs l’énorme succès ici du livre French Women Don’t Get Fat – Les femmes françaises ne grossissent pas, de Mireille Giuliano), je respecte donc les idées reçues. Il y a aussi les fringues, parce que je m’habille en bleu blanc rouge avec un bonnet phrygien. Non, en fait, j’y ai renoncé, je suis juste habillée comme vous et vous, pas comme elles et elles. Je suis habillée, quoi. Du reste, ça ne me dit pas grand-chose de mettre jogging bordeaux et tongues + faux sac Louis Vuitton, ou une casquette de Baseball avec une jolie jupe, un T-shirt de mon mari bleu délavé sans soutien-gorge (mais quand même des boucles d’oreilles strass), ou un vieux sweat shirt de l’équipe de basket ball de mon université (quoi qu’à  la Sorbonne, je ne me souviens plus trop si le sport était prédominant…) sur une jupe droite, OU ENCORE, et voilà Mesdames et Messieurs notre grande gagnante du jour : vu CE MATIN MEME, et c’est VERIDIQUE, un pyjama à carreaux + tongues pour accompagner ses enfants à l’école ! (Je précise qu’il pleuvait) -- et elle portait des anneaux aux oreilles (je remarque tout). Cette vision m’a un rien déprimée, alors je pense qu’un peu de shopping sur Internet s’impose.

 

 

 

 
Tant que j’y pense, un autre livre était trop drôle, au deuxième degré, j’entends, écrit par une américaine, celui-là, avec un titre à la c…Entre Nous: A Woman's Guide to Finding Her Inner French Girl  qu’on pourrait traduire par « Un guide pour réveiller la fille Française qui sommeille en vous » -- C’est vrai que la Coréenne, ça le fait moins.

 

Suggestion Musicale du Jour :

Canzon per Cornetto et Violino in Risposta

Jean Tubéry,

La Fenice

Un concert pour Mazarin

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12 mars 2008

Sens de l’orientation

J’habite dans une ville qui est un vrai labyrinthe. Tout le monde m’avait prévenue. Moi qui me targue d’avoir un super sens de l’orientation, (avant, me repérer en voiture m’était facile, l’océan Pacifique était mon amer, --quand je vivais en Californie, j’entends, pas à Massy Palaiseau, forcément -- je le savais fidèlement à l’ouest, ce qui aide, car là-bas, on ne dit pas : « tournez à droite »mais allez vers l’est…tu parles, Charles), j’ignore ces dires…

 

Une petite quinzaine de jours après mon arrivée ici, une maman (appelons-la, euh… Pipelette, au hasard) me propose de prendre ma fille après l’école pour que nos enfants s’amusent ensemble chez elle. J’accepte, et quand l’heure d’aller chercher la puce arrive, je regarde vaguement un plan et saute dans ma voiture. J’arrive à un cul de sac, la rue s’arrêtant bien avant son numéro (on est pourtant à 57000 et des poussières). Qu’à cela ne tienne, je l’appelle. C’est occupé. Je téléphone à ma mère, restée chez moi, qui me confirme pourtant l’adresse, et le numéro de Pipelette. Je rappelle, encore occupé. Je suis un peu pressée, je ne sais que faire, Pipelette est encore au téléphone.  (Qui?)

Finalement, c’est elle qui m’appelle, je lui raconte l’histoire, elle me dit qu’en effet, la rue s’arrête à tel numéro et reprend deux kilomètres plus loin à tel autre (pratique, pensé-je) Elle me téléguide, me donne des myriades de détails inutiles (tourne à gauche après la cinquième maison qui a des volets verts, celle-là, on l’a visitée avec mon mari, mais on a décidé de ne pas l’acheter parce qu’il n’y avait que trois salles de bain -- ces Américains et leur f***g propreté -- du coup, je manque un virage mais elle me parle maintenant de la chambre adjacente de ses jumeaux, donc j’ai le temps de faire mon demi-tour) et quand j’arrive chez elle, Pipelette me dit en rigolant : « Tout le monde se perd, en venant chez moi, ha, ha, ha !!! Les livreurs, Fedex, tout le monde !!! » -- et ça te ferait mal de me donner l’itinéraire, c****asse ? En rentrant (tant bien que mal, parce que c’est pas le tout, mais il y a aussi le chemin du retour – Pipelette essaie de m’aider mais elle ignore le nom des rues, donc j’écoute poliment et je me casse), je raconte à mon mari ma mésaventure. « Comment expliques-tu cela ? » sa réponse tient en deux mots : « Agressivité passive » Bon.

 

Une autre fois, nous allons au cours de gymnastique avec ma fille, après l’école. Chat échaudé, bla, bla, bla, je me fais mapquester et je prends une bonne avance de 45 minutes. Je me perds CINQ fois. Ma fille a juste le temps d’enfiler son justaucorps quand j’arrive au gymnase après un téléguidage forcé.

 

Le coup de me perdre en pleine nuit en rentrant d’une soirée avec un réservoir presque vide et un téléphone portable déchargé, je ne vous le fais MEME PAS. C’est encore douloureux.

 

Alors, pour Hanouckah, je reçois un magnifique GPS !!!!!!!!!!! (Non, pas le rose, celui-là, il est sorti pour la Saint Valentin, c'est malin)

 

Et depuis, mon GPS et moi, c’est le grand amour. Je vais où vous voulez, quand vous voulez. Pour ma fille de cinq ans, c’est carrément magique, elle se demande comment la « dame » peut entrer dans une si petite boite et comment elle sait où on va ! Alors, je lui explique le coup du GPS en contact avec le satellite (non, pas celui que l’armée américaine a détruit parce qu’il menaçait de tomber, -- son « fiancé » lui avait manifestement fait peur en lui parlant de cet évènement, alors, entre ça et les tornades, ma puce avait un peu de mal à s’endormir tranquille), juste une machine fabriquée par l’homme et qui nous voyait d’en haut. Silence dans la voiture. Comme elle n’est pas en train de manger, je sais qu’il s’agit d’un moment de réflexion intense, puis elle me dit, de sa petite voix de choupette, où l’on sent un profond soulagement :

 

« C’est bien, les satellites. »


 

Suggestion musicale du jour

Concerto a 6, TWV 52f

Georg Philipp Telemann   

Drottningholm Baroque Ensemble

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08 mars 2008

A quand la Grande Muraille de la Honte ?

Voici un panneau que vous pouvez trouver sur les autoroutes majeures qui relient San Diego à Los Angeles, à l’approche des points de contrôle des frontières.

 

 

images

 

Il dit:

Attention, gentils Américains, ralentissez, vous risqueriez d’écraser des Mexicains, hommes, femmes et enfants, qui fuient la corruption et la pauvreté de leur pays pour donner une chance aux futures générations, ils en profitent, le mur de la honte n’est pas encore construit entre vos deux pays ! Les Mexicains, vous savez,  ceux dont l’absence BOULEVERSERAIT votre si chère économie (qui se casse la gueule en ce moment, soit dit en passant) parce qu’ils font pour quelques dollars des tâches que vous répugneriez à faire même payés trois fois plus, à tel point que vous les regretteriez amèrement, ceux que vous traitez de fainéants –enfin eux, au moins, ils sont bilingues, rappelez-moi, déjà, combien de langues vous parlez en moyenne, une seule ? ah…Oui, ceux-là même, ne les écrasez pas, qu’on puisse les saisir et les ramener dans leur pays, si toutefois ils ne sont pas morts de faim, de froid ou d’inanition dans les montagnes de Camp Pendleton.  A moins qu’ils ne soient cachés dans votre coffre, ou que vous, au volant, ne soyez des leurs… Mademoiselle, police des frontières, veuillez vous garer, s’il vous plaît, oui, señorita, par là-bas…Papiers du véhicule, permis, carte de résidente…

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07 mars 2008

Une bougie

Pour les huit étudiants juifs tués jeudi dans une yeshiva de Jerusalem.

bougie

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