31 mars 2008
C’est cela, Thérèse…
Les Américains
vous appellent par votre prénom. Surtout
mon Plombier, facteur, c’est comme ça, il faut s’y faire.
Je ne sais pas si
certaines personnes se sont plaintes, mais parfois, quand vous remplissez un
formulaire, la question suivante vous est posée : « comment
souhaitez-vous que l’on vous appelle ? », et il y a même une case
pour votre surnom. Avez-vous déjà songé
à appeler Bill Clinton William ? I
didn’t think so. – non, ça marche pas pour Bush (qui se fait cependant appeler
George W), parce qu’ici ON NE VEUT PAS EN PARLER et on retient sa respiration
jusqu’en novembre.
Bien qu’un nom de
famille soit plus personnel, un prénom est, à mon sens, bien plus intime. J’ai un peu de mal quand la nouvelle
secrétaire de mon dentiste laisse un message sur mon
répondeur : « Ariana, c’est Molly du cabinet dentaire…(Molly ??? ils avaient
fumé quoi, ses parents, au moment de choisir le prénom ? -- je sais, je critique, chacun ses goûts,
mais bon, c’est MON blog.)
Il y a aussi la
caissière du supermarché qui me rend ma carte de crédit avec
un : « Merci, Ariana, bonne journée ! » (Elles sont
toujours dans les champs, les vaches qu’on n’a PAS gardées
ensemble ???) Et puis, l’infirmière
du cabinet médical qui hurle en ouvrant la porte de la salle d’attente, pleine
à craquer : « Ariana, sur la balance, vous avez fait pipi dans
la petite boite ? » euh…non, pas encore, maman…
Quand mes élèves
me disent : « Miss Ariana, je n’ai pas eu le temps de travailler
ma flûte, cette semaine » (En UNE phrase, deux choses que je déteste, la
leçon commence très mal), Miss Ariana, non mais pourquoi pas Mademoiselle Rose,
petit insolent ?
Le pire, c’est à
Starbucks (j’en parle beaucoup, dans mon blog, pour une nana qui n’aime pas ça…
ça vaudrait bien un p’tit coup de psychanalyse, tiens.) aux heures de pointe –
ça m’arrive, quand le besoin véritable d’un mauvais café se fait sentir – Alors
voilà, on passe sa commande tranquille, la nana derrière la caisse vous demande
votre prénom, vous lui donnez, -- dans mon cas, rapport à mon accent et à
l’extrême vacarme de l’usine la machine à café, je le répète trois fois puis
finis par l’épeler, énervement de la pétasse derrière moi qui peut bien aller
se faire torréfier chez les grecs, et vous attendez que le faiseur de café,
qui, comme par magie (et oui, Ugarte, j’y crois), sait EXACTEMENT ce que vous
avez commandé à la sourdingue de la caisse, prépare l’infâme breuvage et HURLE,
non seulement votre prénom, mais votre commande : « Ariana, un
americano avec room for cream – je n’en mets pas, mais c’est toujours trop
rempli, et un glaçon –sinon c’est bouillant et je mets trois plombes à le
boire, je ne suis plus étudiante au conservatoire, que diable), alors je
m’avance, profil bas, pour prendre ma boisson.
Moi qui aime à penser
que le moment de prendre mon café est synonyme de calme et d’intimité, c’est
plutôt foutu.
Oh, non, je ne
vous demande pas, bienveillant lecteur, de m’appeler Madame Lamento (je vous
vois venir…), nous sommes entre nous.
De toutes façons, Ariana, c’est pas mon vrai prénom, alors…
J'vous mets un p'tite photo de mon printemps, en attendant un nouvel album l'année la semaine prochaine 
Suggestion musicale du jour :
Can she excuse my wrongs
Sébastien Marcq
van Eyck
Der Fluyten Lust-Hof
28 mars 2008
Un quotidien sans pain.
Comme vous les
savez tous, il n’y a rien de tel que du bon pain.
Imaginez le souci
pour nous, les expats. A Paris, je
descendais volontiers une station de métro plus loin pour une bonne baguette,
mais ici, un continent plus loin, avouons-le, c’est moins commode.
A New York, le
manque ne semblait pas trop se faire sentir : charme de la nouveauté, je
me bourrais d’ « everything bagels » entre les répétitions,
achetais des nans au restaurant indien d’en face, Baluchi’s, l’eau fraîche et
l’amour faisaient le reste.
Et puis se fut le
désert californien pendant les cinq premières années. Pas le moindre petit bout de pain décent à se
mettre sous la dent. Si bien que lorsque je rentrais en France, j’avais droit
chaque jour à des « Tu as mangé TOUTE la baguette ?!! » de
ma mère. Et aussi tous les croissants,
môman…
Finalement, et ce
pour une raison inconnue qui me ferait PRESQUE croire en une intervention
divine, la meilleure boulangerie de la ville décida de livrer son pain au
Farmer’s market de mon quartier. Que
dis-je, de mon quartier, DE MA RUE ! Je pouvais aller acheter mon pain A PIED !!! Inutile de vous dire qu’il y avait du pain
frais à la maison tous les jours. Entre
ça et les podcasts de France Inter, ma qualité de vie s’améliora de 20%.
Et puis on a déménagé
Au bout de trois
mois en Alabama, je découvris Panera.
Au bord du
désespoir, j’y achetai une « French » baguette. Et elle se révéla tout à fait acceptable
(non, pas parce que je l’avais mis sous le bras en sortant de la boulangerie et
qu’elle avait ainsi acquis ce goût de « je-ne-sais-quoi » que les
Américains, avec répugnance pensent
qu’on donne à notre pain -- une baguette
à l’aisselle, quoi si, si, je l’ai
entendu dire, c’est véridique. Il faut
quand même être un peu dérangé ou franchement con, welcome !!!). Baguette acceptable, donc, croustillante,
dense, qui vieillit bien, se congèle à merveille.
Je suis aux anges, quand voici ce que je lis sur l’emballage :
Et ta sœur, elle bat l’beurre ?
Suggestion musicale du jour:
Beethoven, Symphonie N°7, Op. 92-2,
Allegretto
Christopher Hogwood
25 mars 2008
Moa et moa
Voici ce que
votre fille peut vous demander comme cadeau pour satisfaire son
narcissisme (bien naturel et à son âge), et le vôtre (beaucoup moins pardonnable.)
Une poupée qui
lui ressemble trait pour trait, SA JUMELLE !!!
C’est-y pas touchant ?
Elle pourra donc
lui dire vingt fois d’aller se brosser les dents, de ne pas lui demander des
chips quand elle est au téléphone, de s’asseoir correctement à table et de
finir ses haricots verts, de ranger sa chambre, de ne pas pousser serrer si
fort son petit frère, d’arrêter de vouloir toucher son front avec ses pieds
comme à la gym quand elle la coiffe…
Hum, finalement, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée, cette poupée jumelle.
Ma puce !!!
Viens voir ici 5 minutes, s’il te plait…
☺
Suggestion
musicale du jour :
Alcina – Aria
Tornami a vagheggiar
G.F. Händel
Emma Kirkby
21 mars 2008
Solidarité féminine, my a***
Voilà une photo
pour notre chère Codichon, qui appréciera sans doute la délicatesse de ce
magasin américain envers les femmes enceintes. Comme il s’agit de Babier R Us, ils ont plutôt intérêt à se mettre les
futures mamans dans la poche, si j’ose m’exprimer ainsi. Evidemment, pas d’amende pour les
contrevenantes, on vous fait confiance.
Et bien
figurez-vous que dans les 10 minutes qu’il m’a fallut pour extraire Titi de son
nouveau siège auto, chercher un caddie, mettre son coussin, mettre Titi dans le
caddie, chercher mes clés, fermer la voiture, retourner à la voiture pour
chercher le gobelet ;-) de Titi, lui prendre les clés des mains en
négociant avec ledit gobelet, les remettre dans une des 10000 poches extérieures
de mon sac, ramasser mes lunettes de soleil tombées par terre, et les 10
minutes pour faire tout cela à l’inverse, avec en plus rechercher dans le
caddie que j’avais rapporté le gobelet (encore) que j’y avais oublié, au moins
8 nénettes se sont garées dans ces places réservées, et qui n’étaient MÊME PAS
enceintes !
Quand l’une
d’elles m’a vu prendre en photo le panneau dans l’idée de le mettre sur ce
billet pour Claudie, puis me retourner vers sa voiture, elle a fait une marche
arrière à faire pâlir un pilote de F1.
Et Titi a ri du
rire que maintenant vous lui connaissez.
Non mais sans
blague.
Suggestion
musicale du jour :
Stabat Mater
Kathleen Battle
20 mars 2008
Un an
Notre Titi
(inter)national a un an aujourd'hui.
Donc, il y a un
an, je me pointe à l’hôpital, pour la naissance programmée du petit chou.
Je remplis les
quarantaines de feuillets d’usage qui serviront à déculpabiliser l’hôpital au
cas Zou, (remarquez, c’est mieux de le faire en arrivant que penchée en avant
sur la table de travail avec une seringue de péridurale dans le dos, au milieu
de contractions, comme c’est arrivé à mon amie R. – que je n’avais jamais
entendu jurer à ce point là, et croyez-moi, en hébreu, ça fait son effet),
j’attends 2 heures, envoie mon mari se renseigner, quand l’infirmière se pointe
devant moi et dit : « votre gynéco a annulé la naissance, car vous
avez accouché chez vous la semaine dernière avec l’aide d’une sage
femme .» Woah, pensè-je, les progrès de la médecine, quand même, c’est
fou, et j’ai rien senti !
Toutefois, comme
il doit y avoir une BONNE raison pour ma présence ici, l’infirmière regarde mon
ventre (que même que quand j’étais enceinte de 6 mois on croyait que
j’attendais des quintuplés pour la semaine suivante, alors vous pensez, à terme
– rapport à ma petiiiiite carrure), et dit, en femme qui connaît son
métier : « you’re still pregnant, aren’t you ? » Excellent sens de l’observation. Elle se renseigne auprès de mon OB (c’est
comme ça qu’on appelle un gynéco ici, plutôt approprié, donc), et revient en
disant que oui, finalement, on pourra faire naître le petit aujourd’hui.
Ouf.
Encore une belle
journée.
Qui se finit avec
un magnifique petit garçon tout brun qui s’endort contre ma généreuse poitrine,
après m’avoir longuement scrutée de ses beaux yeux noirs, comme seuls les tout
nouveaux-nés peuvent le faire.
Mes expériences de grossesses/naissances dans ce beau pays ont toujours été anecdotiques et plaisantes, jamais dramatiques et désagréables.
Bon anniversaire, Avi!
Suggestion
musicale du jour, pour mon Titi :
Quel fiasco,
Hélène Bohy, A l’eau !!!
18 mars 2008
La bonne parole
Le maire de ma
ville va d’église en église (il pourrait le faire à cloche pied tellement il y en
a ici) pour conseiller aux gens de rentrer chez eux et de battre leurs enfants.
Il pense ainsi réduire la criminalité
dans les rues.
Intéressant.
Révoltant.
Mais vrai. Le plus dommage, c’est qu’il vient d’être
élu. Encore 4 ans de connerie à tirer.
Suggestion
musicale du jour :
Suite en mi
mineur pour deux théorbes
Robert de Visée
Eric Bellocq,
Massimo Moscardo
Corbetta, Visée,
Suite pour Guitars and Theorbos
14 mars 2008
French Transference (1)
S’il y a bien un
truc qu’on ne m’a JAMAIS dit en France, c’est que je « faisais »
française. On m’a soupçonné d’être
Iranienne, Tunisienne, Marocaine, Algérienne (enfin, surtout les flics),
Libanaise, Equatorienne (???), Israélienne,
mais jamais Française de France.
(Jamais Suédoise
non plus, remarquez bien)
Mais ici, j’ai le
droit à « Oh, you look SO French », à tous les coins de rue. Première nouvelle, donc, au début je ne
savais pas bien comment le prendre, et j’ai fini par m’apercevoir que c’était
un compliment. Les gens me disent aussi
« oh, you’re SO petiiiiiite ! » -- rapport à la carrure, pas à la taille. En fait, je suis petiiiiiite ET petite. J’ai ensuite compris que French et petiiiite
vont ensemble (à noter d’ailleurs l’énorme succès ici du livre French Women
Don’t Get Fat – Les femmes françaises ne grossissent pas, de Mireille
Giuliano), je respecte donc les idées reçues. Il y a aussi les fringues, parce que je m’habille en bleu blanc rouge
avec un bonnet phrygien. Non, en fait,
j’y ai renoncé, je suis juste habillée comme vous et vous, pas comme elles et
elles. Je suis habillée, quoi. Du reste, ça ne me dit pas grand-chose de
mettre jogging bordeaux et tongues + faux sac Louis Vuitton, ou une casquette
de Baseball avec une jolie jupe, un T-shirt de mon mari bleu délavé sans
soutien-gorge (mais quand même des boucles d’oreilles strass), ou un vieux
sweat shirt de l’équipe de basket ball de mon université (quoi qu’à la Sorbonne, je ne me
souviens plus trop si le sport était prédominant…) sur une jupe droite, OU
ENCORE, et voilà Mesdames et Messieurs notre grande gagnante du
jour : vu CE MATIN MEME, et c’est
VERIDIQUE, un pyjama à carreaux + tongues pour accompagner ses enfants à
l’école ! (Je précise qu’il pleuvait) -- et elle portait des anneaux aux
oreilles (je remarque tout). Cette
vision m’a un rien déprimée, alors je pense qu’un peu de shopping sur Internet
s’impose.
Tant que j’y
pense, un autre livre était trop drôle, au deuxième degré, j’entends, écrit par
une américaine, celui-là, avec un titre à la c…Entre Nous: A Woman's Guide to Finding Her Inner French Girl qu’on
pourrait traduire par « Un guide pour réveiller la fille Française qui
sommeille en vous » -- C’est vrai que la Coréenne, ça le fait moins.
Suggestion
Musicale du Jour :
Canzon per
Cornetto et Violino in Risposta
Jean Tubéry, La Fenice
Un concert pour
Mazarin
12 mars 2008
Sens de l’orientation
J’habite dans une
ville qui est un vrai labyrinthe. Tout
le monde m’avait prévenue. Moi qui me
targue d’avoir un super sens de l’orientation, (avant, me repérer en voiture
m’était facile, l’océan Pacifique était mon amer, --quand je vivais en
Californie, j’entends, pas à Massy Palaiseau, forcément -- je le savais
fidèlement à l’ouest, ce qui aide, car là-bas, on ne dit
pas : « tournez à droite »mais allez vers l’est…tu parles,
Charles), j’ignore ces dires…
Une petite
quinzaine de jours après mon arrivée ici, une maman (appelons-la, euh…
Pipelette, au hasard) me propose de prendre ma fille après l’école pour que nos
enfants s’amusent ensemble chez elle. J’accepte, et quand l’heure d’aller chercher la puce arrive, je regarde
vaguement un plan et saute dans ma voiture. J’arrive à un cul de sac, la rue s’arrêtant bien avant son numéro (on
est pourtant à 57000 et des poussières). Qu’à cela ne tienne, je l’appelle. C’est occupé. Je téléphone à ma
mère, restée chez moi, qui me confirme pourtant l’adresse, et le numéro de
Pipelette. Je rappelle, encore
occupé. Je suis un peu pressée, je ne
sais que faire, Pipelette est encore au téléphone. (Qui?)
Finalement, c’est
elle qui m’appelle, je lui raconte l’histoire, elle me dit qu’en effet, la rue
s’arrête à tel numéro et reprend deux kilomètres plus loin à tel autre
(pratique, pensé-je) Elle me téléguide, me
donne des myriades de détails inutiles (tourne à gauche après la cinquième
maison qui a des volets verts, celle-là, on l’a visitée avec mon mari, mais on
a décidé de ne pas l’acheter parce qu’il n’y avait que trois salles de
bain -- ces Américains et leur f***g
propreté -- du coup, je manque un virage
mais elle me parle maintenant de la chambre adjacente de ses jumeaux, donc j’ai
le temps de faire mon demi-tour) et quand j’arrive chez elle, Pipelette me dit
en rigolant : « Tout le monde se perd, en venant chez moi, ha,
ha, ha !!! Les livreurs, Fedex, tout le monde !!! » -- et ça te
ferait mal de me donner l’itinéraire, c****asse ? En rentrant (tant bien que mal, parce que
c’est pas le tout, mais il y a aussi le chemin du retour – Pipelette essaie de
m’aider mais elle ignore le nom des rues, donc j’écoute poliment et je me casse),
je raconte à mon mari ma mésaventure. « Comment expliques-tu cela ? » sa réponse tient en deux
mots : « Agressivité passive » Bon.
Une autre fois,
nous allons au cours de gymnastique avec ma fille, après l’école. Chat échaudé, bla, bla, bla, je me fais
mapquester et je prends une bonne avance de 45 minutes. Je me perds CINQ fois. Ma fille a juste le temps d’enfiler son
justaucorps quand j’arrive au gymnase après un téléguidage forcé.
Le coup de me
perdre en pleine nuit en rentrant d’une soirée avec un réservoir presque vide
et un téléphone portable déchargé, je ne vous le fais MEME PAS. C’est encore douloureux.
Alors, pour
Hanouckah, je reçois un magnifique GPS !!!!!!!!!!! (Non, pas le rose,
celui-là, il est sorti pour la Saint Valentin, c'est malin)
Et depuis, mon
GPS et moi, c’est le grand amour. Je
vais où vous voulez, quand vous voulez. Pour ma fille de cinq ans, c’est carrément magique, elle se demande
comment la « dame » peut entrer dans une si petite boite et comment
elle sait où on va ! Alors, je lui explique le coup du GPS en contact avec
le satellite (non, pas celui que l’armée américaine a détruit parce qu’il
menaçait de tomber, -- son « fiancé » lui avait manifestement fait
peur en lui parlant de cet évènement, alors, entre ça et les tornades, ma puce
avait un peu de mal à s’endormir tranquille), juste une machine fabriquée par
l’homme et qui nous voyait d’en haut. Silence dans la voiture. Comme elle n’est pas en train de manger, je
sais qu’il s’agit d’un moment de réflexion intense, puis elle me dit, de sa
petite voix de choupette, où l’on sent un profond soulagement :
« C’est bien, les satellites. »
Suggestion
musicale du jour
Concerto a 6, TWV 52f
Georg Philipp Telemann
Drottningholm Baroque Ensemble
08 mars 2008
A quand la Grande Muraille de la Honte ?
Voici un panneau
que vous pouvez trouver sur les autoroutes majeures qui relient San Diego à Los
Angeles, à l’approche des points de contrôle des frontières.
Il dit:
Attention,
gentils Américains, ralentissez, vous risqueriez d’écraser des Mexicains,
hommes, femmes et enfants, qui fuient la corruption et la pauvreté de leur pays
pour donner une chance aux futures générations, ils en profitent, le mur de
la honte n’est pas encore construit entre vos deux pays ! Les Mexicains, vous savez, ceux dont
l’absence BOULEVERSERAIT votre si chère
économie (qui se casse la gueule en ce moment, soit dit en passant) parce
qu’ils font pour quelques dollars des tâches que vous répugneriez à faire même
payés trois fois plus, à tel point que vous les regretteriez amèrement, ceux que
vous traitez de fainéants –enfin eux, au moins, ils sont bilingues,
rappelez-moi, déjà, combien de langues vous parlez en moyenne,
une seule ? ah…Oui, ceux-là
même, ne les écrasez pas, qu’on puisse les saisir et les ramener dans leur
pays, si toutefois ils ne sont pas morts de faim, de froid ou d’inanition dans
les montagnes de Camp Pendleton. A moins
qu’ils ne soient cachés dans votre coffre, ou que vous, au volant, ne soyez des
leurs… Mademoiselle, police des frontières, veuillez vous garer, s’il vous
plaît, oui, señorita, par là-bas…Papiers du véhicule, permis, carte de
résidente…
07 mars 2008
Une bougie
Pour les huit étudiants juifs tués jeudi dans une yeshiva de Jerusalem.









