28 mai 2008
Oui qui?
Mes voisins, les Barbecues, sont des gens charmants.
Non, non, vraiment, ne souriez pas.
Alors là, je vous gâte
Ce qui me rend Madame Barbecue particulièrement sympathique,
c'est qu'elle était, dans une autre vie, pianiste. Il arrive en effet
fréquemment ici que l'on change de métier après avoir élevé ses enfants et
passé une demi douzaine d'années en psychothérapie pour finalement se dire
qu'il est un peu de temps de faire ENFIN ce qu'on a toujours rêvé de faire:
arrêter de vouloir plaire à ses parents tout le monde. On se
réendette pour 10 ans et on retourne à l'université. On y rencontre des hommes
gens plus jeunes, on se rend compte qu'avec le remboursement
l'expérience on apprend mieux, on investit dans un Notebook et on peut
s'asseoir chez Starsucks pour étudier pendant des heures et pouvoir devenir
prothésiste dentaire.
Ma voisine, elle, est devenue conseillère en adoption domestique. Elle m'a confiée, lors de sa première visite chez moi, qu'elle-même était adoptée, comment elle avait rencontré ses frères et soeurs biologiques, quel moyen de contraception elle utilisait, combien elle avait payé sa maison, sa voiture, ses chaussures, sa crème de jour peau mixte, sa dernière couronne, enfin tout un déballage de détails utiles à mon enrichissement intellectuel, (et au vôtre, y'a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui en profite) et finalement, pour en revenir à l'adoption elle m'a dit qu'elle était présente quand les couples rencontraient pour la première fois le bébé qui allait combler leur vie. Mon coeur d'artichaut et moi avons versé une larme d'émotion et avons décidé que Madame Barbecue ne nous déplaisait pas fondamentalement et que je pouvais soutenir une telle conversation tous les 6 mois sans problème. Une autre culture, quoi, des gens qui préfèrent vous noyer dans des considérations inutiles et parfois intimes plutôt que de vous dire que ça ne va pas quand ça ne va pas. Pour ça, il y a des anti-dépresseurs qui font des merveilles.
Vous voyez que je ne critique pas TOUT LE TEMPS.
Tout récemment, ma voisine cherchait en vain le nom de famille des fameux Nadine et Jean-Michel, from Grenoble, vous vous souvenez, ceux que l'on est sensé connaître quand on est Français ici. Ennuyée de ne pouvoir se rappeler du patronyme de mes compatriotes, elle appelle sa fille, qui répond: "Yes, M'dam!". Je me dis que j'ai mal entendu, elle a dû l'appeler "Mom", mon sens de l'ouïe fout le camp, never mind l'appel à l'aide pour le nom de mon nouveau groupe. La conversation continue, le père de la petite Mary Margaret (oui, ça, j'avoue que même moi, j'aurais pas pu inventer un prénom pareil, pourtant, je sais en faire preuve, de mauvais esprit...) appelle sa fille, qui répond alors: "Yes, Sir!".
Pas de doute, y'avait là matière à blog.
Voilà une différence culturelle à laquelle je ne m'attendais pas. Je me plains quand on m'appelle par mon prénom, alors, faudrait savoir.
On n'est jamais trop poli.
Suggestion musicale du jour :
Steve Reich and the Steve Reich Ensemble
Daniel Variations
Variations for Vibes, Pianos and Strings
Nom
Je cherche un nom, pour mon nouvel ensemble. J'aurais un peu besoin de vos lumières.
J'avais pensé à
The Soup du Jour
A la Carte Ensemble
The Zazouz
On fait de la musique ancienne, au cas où ça vous aiderait à choisir ou à trouver.
J'ai dû mal digérer un champignon...
Suggestion musicale du jour:
Claudio Monteverdi, Vespro della Beata Virgine
Gabrieli Consort
25 mai 2008
Une nouvelle poubelle
A chaque fois que je rentre en France, je trouve que tout est plus beau, plus coloré, inventif, recherché, original et petit.
Je suis toujours surprise, les premiers jours, de la taille du tube de dentifrice, des oeufs, et SURTOUT du rouleau de sopalin. Une des choses les plus impressionnantes, cependant, en taille, ce sont les rayons de yaourts, et bien sûr de fromages. Mon mari est toujours scotché quand on va faire les courses du CHOIX en produits laitiers. On parle aussi de l'hygiène des français, mais en sélection de déodorant à Auchan, on fait quand même pas mieux. Et puis, au bout de deux ou trois jours, je m'habitue à la taille des voitures et à la dextérité de mon père qui conduit aussi facilement à travers les minuscules ruelles françaises.
Tiens, en parlant de ça, Tonguette s'est débarassée de sa poubelle bagnole et s'est achetée une voiture NEUVE

Un truc encore super bon pour la couche d'ozone.
Avec Titi, nous ne voulions pas attendre la sortie des enfants dans la voiture, par 33 degrés, c'est un peu limite pour le petit, et la clim à fond pendant 20 minutes, ça la foutrait mal avec le commentaire que je viens de faire sur la greenitude de Tonguette. Avec Titi, disais-je, nous avons fait une petite promenade d'une dizaine de minutes autour de son nouveau cargo véhicule, et nous avons pu apercevoir, malgré les vitres fumées, les écrans plasma 31 pouces au dos des appuis-tête, la petite trentaine de porte boissons, la glacière intégrée, les sièges chauffants (???), le distributeur de crème solaire, et l'appartement du fond le coffre. Nous nous sommes même demandés s'il y avait la place pour la machine à laver ET le sèche-linge entre les sièges à l'avant. Hum...
En tous cas, Tonguette n'a pas perdu un instant, et a remis ses stickers vite fait à l'arrière de son tank 4X 4. Des petits ours sur le côté, représentant sans doute ses 4 enfants, le fameux

très à la mode, disponible en noir, rouge et fuscia.
son inénarrable "Caution, I drive like you", et surtout, son autocollant des Grateful Dead, qui me la rendrait presque sympathique. Mais la voilà qui arrive, je me recule, discrète, elle fonce vers moi et s'adresse immédiatement à Titi dont le charisme m'étonne chaque jour un peu plus, mais qui répond aux avances de Tonguette par un mouvement de tête énergique et un puissant "non, non, non pas!" pour éviter une tentative d'enlèvement. Sa petite main serre mon bras fortement et on peut entendre les bruits de sussion de pouce jusqu'en Georgie. Tonguette le trouve, naturellement irrésistible et le hurle crie à qui veut (mais qui veut?) l'entendre, et je me dis que non, décidément, le moment est mal choisi pour lui dire qu'il y a quelques années, à Los Angeles, Phil Lesh (bassiste et membre fondateur de son groupe adoré) était dans le public pour un concert où j'étais soliste. Je pense garder cette anecdote pour plus tard. De deux choses l'une: ou vous entendez Tonguette depuis la France, ou ça la lui coupe pour un petit moment.
Ma préférence?
Suggestion musicale du jour:
Ecoutez du Tango! Ca vous fera sourire!
23 mai 2008
Do it yourself!
J’avais mis un
magnet sur mon frigidaire, dans mon ancienne maison, mais comme mon nouveau
frigo ici est stainless steel, on peut rien y accrocher.
J’ai peut-être
trouvé quelqu’un à qui le donner.
Vous vous
souvenez peut-être de mon billet sur Panera, là où j’achète ma French baguette
à l’aisselle. Et bien, j’ai été témoin
d’un truc qui m’a un peu étonnée, peut-être à tort, vous en serez juges.
L’autre jour, je
fais la queue pour le pain avec Titi dans les bras qui drague de son petit
sourire séducteur toutes les nénettes de la file d’attente. Je l’ai à l’œil, celui-là. Heureusement que le rabin n’a pas de fille…
Une femme d’une
soixantaine d’années se dirige vers le comptoir, celui où l’on vous donne votre
eau marronnasse café, non, celui où l’on prend votre commande, ou plutôt non,
celui où l’on vous tend votre plateau, à moins que ce soit celui où l’on vous
vole encaisse, -- Tiens, ça me rappelle mon premier café à
Starbucks quand j’habitais New York, il y a 12 ans (à l’époque, je ne SAVAIS
pas !!!) je rentre et m’assois, et j’attends bien 10 minutes qu’on vienne
prendre ma commande avant de réaliser qu’il faut que j’aille MOI-MEME demander
mon café à la caisse. J’ai eu un peu la
honte, mais bon, le ridicule ne tue pas, en fait, ici, il FERAIT presque vivre.
– Mais je m’éloigne de notre cliente. Bref, elle glisse quelques mots à une
employée qui la suit vers sa table. L’employée revient ensuite vers un gros
meuble situé vers l’entrée, juste à côté de moi, l’ouvre, en retire un seau, y
plonge la main et ressort une lavette grisâtre dont un liquide déguelbiff dégouline. Non, me dis-je,
elle ne va tout de même pas nettoyer la table avec cette horreur ?
Vous pouvez être
rassurés, il n’en est rien. Elle tend la
chose à la cliente qui va elle-même s’occuper de sa table.
Faudrait tout de même pas pousser.
Alors, je leur donne, ce magnet, à Panera ?
Suggestion musicale du jour:
Paul O'dette (luth)
The Bacheler's delight
Galliard
22 mai 2008
La déclaration
En rentrant de
l’école, ma fille (5 ans) me déclare qu’elle a demandé en mariage le fils du rabin.
J’attends la
suite, confiante.
« Il a dit
non. »
Je la regarde,
compatissante, mais elle a l’air content.
« Mais il
avait un grand sourire ! »
C’est beau, l’amouuuuur,
non ?
N’empêche que j’en connais un qui va s’en mordre les doigts, dans quelques années…
Suggestion
musicale du jour :
Monteverdi (on se
rapproche)
L’Orfeo
Ritornello du
Prologue
Emmanuelle Haïm
18 mai 2008
Les media
Il y a quelque
temps, plusieurs nuits de suite, nous sommes réveillés entre 4 et 5 heures du
matin par un grand boum. Ca n’a pas
l’air d’être le voisin, plus saoul que d’habitude, j’en déduis bien vite que
c’est le livreur de journaux qui balance allègrement notre quotidien par flemme
de s’approcher de la maison. Un coup de
fil à qui de droit, et c’est réglé, j’en connais un qui pourra à peine
s’acheter des clopes avec ses étrennes.
Se faire
réveiller par une feuille de chou. Impensable. En plus, le New York
Times est gratuit sur Internet, mais il faut la journée…
D’ailleurs, on ne
le dira jamais assez, méfiez-vous des media. Ca me rappelle une mésaventure qui a bien changé mon regard sur le monde
des news. Mais je vous la fais
courte. C’était il y a quelques années,
à San Diego : naissance de ma fille, bébé en siège, césarienne. Une journaliste de télé locale décide de faire
son émission sur la montée en flèche des naissances par césarienne (ici
appelées C-section) aux US, soi-disant encouragée par les OB (gynécos) par
crainte de procès suite à des épisios mal faites (en parlant de procès, j’en ai
une bonne, remind me later). Donc le
lendemain de la naissance, une infirmière me demande si je veux bien donner une
interview. Dans le gaz, j’accepte, et je
vois ma chambre d’hôpital soudainement et rapidement redécorée avec les fleurs
des cellules chambres voisines, des ballons avec marqué « It’s a
girl ! » (ça, je savais), et tout et tout. C’est surtout les nurses qui sont excitées
par l’évènement. Nous habillons le bébé
d’un beau pyjama jaune, quant à moi, après 30 heures de travail, une nuit sous
morphine et une césa, j’avais connu des jours plus sexys, vous vous en doutez.
Il y avait même un gâteau de couches (diaper cake)... entre ça et le saumon au lave-vaisselle, je ne sais plus trop quoi penser...
L’équipe de la télé arrive, la journaliste me pose des questions, elle essaie d’orienter mon discours vers le fait que l’hôpital et les médecins m’ont mis dans la tête de ne pas accoucher vaginalement, je nie tout EN BLOC, défend mon gynéco avec passion, puis elle me demande comment j’envisage mon prochain accouchement dont je ne contemple AUCUN ASPECT à l’heure qu’il est, je peux même pas pisser toute seule, je ne me vois pas du tout me présenter devant mon mari comme évènement érotique de l'année et l'inviter à batifoler dans les bois, et je lui dit, avec mon tact habituel. Elle rougit. – M’enfin.
Non, pas de photo.
Ensuite, elle me fait parler de l’avenir du bébé (avec mon accent français à couper au couteau, je crains les sous-titres lors de la diffusion du reportage, car ils en sont capables), de ce que je souhaite pour son avenir, moi, magnanime, je dis que la petite fera ce qu’elle désire (depuis, j’ai un peu changé d’avis, ça m’ennuierait quand même qu’elle soit altiste), et elle s’en va.
Quand le reportage passe à la télévision, bien sûr, tout ce que j'ai dit concernant l'accouchement est coupé. On garde la petite Frenchie avec son bébé tout mimi, mais le message est clair: ici, dans cet hôpital renommé de San Diego, on encourage l'utilisation de la chirurgie pour mettre les bébés au monde. Merde. (Excuse my French)
Je dois vraiment parler englais comme une vache espagnole.
Suggestion musicale du jour:
Vivaldi, Cello Cto in B minor RV 424
Christophe Coin
16 mai 2008
Une recette bien de chez eux...
En attendant mon prochain billet qui mijote, voici une recette que j'ai trouvée en cherchant une nouvelle idée pour mes beaux filets de saumon.
Salmon in a Dishwasher
- salmon fillets
- aluminum foil
- a lemon
- a few butter pats
- electric dishwasher
Place the fish on two large sheets of aluminum foil. Squeeze on some lemon juice and place the pats of butter on the salmon fillets. Seal the fillets well in the foil, and place the foil packet in the top wire basket of your electric dishwasher. DO NOT ADD SOAP OR DETERGENT. Close the dishwasher door, set the dishwasher on the hottest wash cycle, complete with drying cycle, and let it run through a full cycle. When the cycle is complete the fish will be cooked just right.
Rassurez-vous, JE N'ESSAIERAI pas, mais si le coeur vous en dit, préparez votre poisson, et, si vous êtes encore vivants ou pas encore internés, faites-nous part du résultat.
Pour ceux dont l'anglais serait encore approximatif, il s'agit d'une recette de saumon à préparer au lave-vaisselle.
A noter que l'on vous encourage fortement à ne pas utiliser de produit vaisselle. No kidding.
Suggestion musicale du jour:
Pavan lachrimae John Dowland
Hopkinson Smith
14 mai 2008
Dites 33...
J’habite assez
loin de là où je suis née.
J’ai donc la chance de répondre aux doux noms d’expatriée, d’immigrée, d’étrangère, de Frenchie, d’alien. J’ai même un « A » number.
Imaginez vous que
lorsqu’on décide de vivre de l’autre côté de l’Atlantique, il faut montrer
patte blanche. Ce n’est sans doute pas
typiquement humain de vouloir protéger son territoire, je me prends parfois à
imaginer les oiseaux migrateurs instaurer des règles d’entrée de leur domaine,
sur quels critères ils choisissent leur nuage frontalier, quelles sont leurs
modalités d’entrée, du genre combien d’insectes comptez-vous manger, sur quels
monuments allez-vous déféquer, attention, il y a un méchant virus qui traîne,
voilà ! Signez ici, de votre plus belle plume…
Bon, j’atterris.
Nous, humains,
qui voulons poser nos valise en Amérique pour un peu plus de 90 jours, devons
remplir des pages entières, insérer notre vie dans des petites cases, déclarer
nos richesses, payer des milliers centaines de dollars, répondre à des
questions (dignes de celles du lapin des Monty Python – et si vous répondez
mal, hop ! siège éjectable,) du genre, comptez-vous pratiquer la
polygamie ? (moi, franchement non, un mari ça me suffit amplement), ou,
étiez-vous un officier nazi durant la deuxième guerre mondiale? (je ne sais toujours pas quoi penser. Deuxième degré, peut-être?)
ET passer une
visite médicale avec examens sanguins à l’appui.
Et c’est là que
les Athéniens s’atteignent, pas tant pour moi, mais pour une de mes amies que
nous allons appeler Numéro 6.
Un peu
d’histoire… Non, je plaisante. Je
voulais juste dire qu’aux Etats-Unis, contrairement à ce qui se passe dans
d’autres pays, on ne vous vaccine PAS contre la tuberculose, on la
détecte. Pas de BCG, donc pas de
rappels, pas de grosse boule rouge sur le brase en cas de mémoire immunitaire,
pas de problème.
C'est pour égayer un peu
Donc, on vous
fait un test cutané, quand vous venez d’ailleurs (et je viens de bien
ailleurs), pour voir si vous avez la maladie. Dans mon cas, mon corps s’est souvenu, il m’a donc fallu faire une radio
des poumons qui s’est avérée magnifique, mon médecin m’a donné carte blanche,
j’étais saine.
Numéro 6, quant à
elle, a fait la réaction cutanée, la radio, et oh, horreur ! Présence
d’éléments douteux, mise en culture des cellules et voilà-t’y pas qu’elle A la
maladie, une tuberculose latente, je vous rassure, elle n’était pas
contagieuse, MAIS QUAND MÊME. La
pneumologue s’excuse presque d’avoir à avertir les services concernés, ajoutant
même que certaines personnes avaient tendance à y être un peu…nazis.
Non, Numéro 6 n’a
pas été déportée pour cela. Ah non, ce
n’est pas le mot, ça, c’est celui utilisé ici, comment dit-on en français,
déjà ? Ah, oui, « reconduit à
la frontière », c’est-y pas mignon ?
Et bien, me
direz-vous, du haut de votre expérience de français bien au fait, qu’elle
prenne ses antibiotiques et qu’on n’en parle plus !
Pas si simple,
car pour s’assurer que Numéro 6 prend bien ses médicaments, les
« services » envoient une infirmière qui vient TOUS LES JOURS
vérifier que mon amie avale ses 8 cachets (ben oui, elle vient tous les jours,
mais pas trois fois par jour, faudrait pas exagérer, alors, 8 pilules à la
fois !) Rapidement, la malade
baptise son bourreau « la pétasse ». Par respect, et parce que l’auteur de ces lignes ne connaît pas cette
dame, nous l’appellerons « Frau P. » Et comme si superviser la prise quotidienne des médicaments ne suffisait
pas au malaise de Numéro 6, Frau P. met les cachets SOUS CLEFS entre ses
visites. Pétage de plomb de Numéro 6,
qui lui hurle déclare qu’elle n’avait pas besoin de faire ça, qu’elle
comprenait très bien qu’il fallait qu’elle se soigne, qu’elle n’allait pas
mettre les précieuses pilules à la poubelle, et que grâce à son doctorat en
mathématique elle savait compter jusqu’à 8. Frau P. en réfère à son chef qui accepte de ne pas enfermer les doses,
mais qui continue d’envoyer son assistante tous les matins, sauf les week
end. Parfois, Frau P. n’est pas à
l’heure avant le départ de Numéro 6 au travail : elle lui dit
qu’aujourd’hui, elle ne viendra pas vérifier. Quand mon amie vient chez moi pour ses cours de flûte (une tuberculose
flûtiste, quelle audace !!!), et que je lui demande des nouvelles de son
infirmière particulière, elle me lance un regard noir. Pourtant, c’est Frau P., et non le médecin, qui
lui dira que ces antibiotiques annulent les effets de la pilule contraceptive
et, de toutes façons il n’est pas conseillé d’essayer d’avoir un enfant pendant
cette période.
Le traitement dura 6 mois, à l’issu desquels la radio des poumons s’avéra normale. Numéro 6 est maintenant guérie d’une maladie grave malheureusement en recrudescence depuis quelques années.
Alors, merci qui?
Suggestion musicale du jour:
Sailing to Death
Eric Serra
Le Grand Bleu
10 mai 2008
Une mère d'expat.
Une mère d’expat…
C’est celle qui
vient quand vous lui demandez
Qui vous apporte de France des trucs de première nécessité comme des cartouches d’encre bleu des
mers du sud, ou des fraises Tagada
Qui joue des heures, assise par
terre, au Mistigri avec votre fille
Qui pense que vos enfants sont très
avancés pour leur âge, et très beaux (non, non, détrompez-vous, il n'y a pas qu'elle qui le pense, moi aussi)
Qui est toujours partante pour aller
prendre un café
Qui vous dit que vous avez encore
maigri et que vous ne paraissez pas votre âge
Qui vous perd vos ciseaux de cuisine
(encore portés disparus à ce jour… Maman, ils sont OÙ ?)
Qui vous dit, quoi que vous
portiez : « Ca, c’est très à la mode en France ! »
Qui vous prépare votre thé
EXACTEMENT comme vous l’aimez
Qui lit chez vous les ouvrages psy
conseillés par votre mari mais auxquels vous préférez les romans français
« dont TOUT le monde parle » et qui ont plombé sa valise
Qui vous casse deux ou trois verres
à vin par séjour
Qui écoute pendant des heures tout
ce que vous n’avez pas eu l’occasion de dire en français depuis trois mois, et
qui corrige gentiment votre vocabulaire
Qui remplit la chambre de vos
enfants de monstres en carton, poupées de laine, figurines en argile, peintures
et dessins faits avec votre fille et que vous n’osez pas jeter parce que c’est
TROP elle
Qui prend AUSSI des photos de vous
Qui par sa seule présence apporte
toute la France dans votre foyer
Bonne fête, maman, et reviens vite, il reste encore quelques tasses à casser…
Suggestion musicale du jour:
Be Arvot Aneguev
Sabrina Shalom
08 mai 2008
De ma fenêtre
L’autre jour,
vision pour le moins étrange, j’ai constaté que mon voisin (de droite – d’où
que vous soyez placé, d’ailleurs), faisait ses grillades au barbecue ASSIS.
Peut-être joue-t-il du piano debout ?
Suggestion musicale du jour:
Cirque du Soleil: Miracula Aeternitatis














