Alabama mon amour

C’est une démarche sans but, un blog comme ça. Pour écrire ce qu’une française peut ressentir après 12 ans aux US, New York, Californie, Alabama… Alors enjoy, ou pas.

28 mai 2008

Oui qui?





Mes voisins, les Barbecues, sont des gens charmants.


Non, non, vraiment, ne souriez pas.

famille_B

Alors là, je vous gâte


Ce qui me rend Madame Barbecue particulièrement sympathique, c'est qu'elle était, dans une autre vie, pianiste.  Il arrive en effet fréquemment ici que l'on change de métier après avoir élevé ses enfants et passé une demi douzaine d'années en psychothérapie pour finalement se dire qu'il est un peu de temps de faire ENFIN ce qu'on a toujours rêvé de faire: arrêter de vouloir plaire à ses parents tout le monde.  On se réendette pour 10 ans et on retourne à l'université. On y rencontre des hommes gens plus jeunes, on se rend compte qu'avec le remboursement l'expérience on apprend mieux, on investit dans un Notebook et on peut s'asseoir chez Starsucks pour étudier pendant des heures et pouvoir devenir prothésiste dentaire.

Ma voisine, elle, est devenue conseillère en adoption domestique.  Elle m'a confiée, lors de sa première visite chez moi, qu'elle-même était adoptée, comment elle avait rencontré ses frères et soeurs biologiques, quel moyen de contraception elle utilisait, combien elle avait payé sa maison, sa voiture, ses chaussures, sa crème de jour peau mixte, sa dernière couronne, enfin tout un déballage de détails utiles à mon enrichissement intellectuel, (et au vôtre, y'a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui en profite) et finalement, pour en revenir à l'adoption elle m'a dit qu'elle était présente quand les couples rencontraient pour la première fois le bébé qui allait combler leur vie.  Mon coeur d'artichaut et moi avons versé une larme d'émotion et avons décidé que Madame Barbecue ne nous déplaisait pas fondamentalement et que je pouvais soutenir une telle conversation tous les 6 mois  sans problème.  Une autre culture, quoi, des gens qui préfèrent vous noyer dans des considérations inutiles et parfois intimes plutôt que de vous dire que ça ne va pas quand ça ne va pas.  Pour ça, il y a des anti-dépresseurs qui font des merveilles.

Vous voyez que je ne critique pas TOUT LE TEMPS.


Tout récemment, ma voisine cherchait en vain le nom de famille des fameux Nadine et Jean-Michel, from Grenoble, vous vous souvenez, ceux que l'on est sensé connaître quand on est Français ici.  Ennuyée de ne pouvoir se rappeler du patronyme de mes compatriotes, elle appelle sa fille, qui répond: "Yes, M'dam!".  Je me dis que j'ai mal entendu, elle a dû l'appeler "Mom", mon sens de l'ouïe fout le camp, never mind l'appel à l'aide pour le nom de mon nouveau groupe.   La conversation continue, le père de la petite Mary Margaret (oui, ça, j'avoue que même moi, j'aurais pas pu inventer un prénom pareil, pourtant, je sais en faire preuve, de mauvais esprit...) appelle sa fille, qui répond alors: "Yes, Sir!".


Pas de doute, y'avait là matière à blog.


Voilà une différence culturelle à laquelle je ne m'attendais pas.  Je me plains quand on m'appelle par mon prénom, alors, faudrait savoir.

On n'est jamais trop poli.


Suggestion musicale du jour :

Steve Reich and the Steve Reich Ensemble

Daniel Variations

Variations for Vibes, Pianos and Strings






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Nom

Je cherche un nom, pour mon nouvel ensemble.  J'aurais un peu besoin de vos lumières.

J'avais pensé à

The Soup du Jour

A la Carte Ensemble

The Zazouz



On fait de la musique ancienne, au cas où ça vous aiderait à choisir ou à trouver.


J'ai dû mal digérer un champignon...


Suggestion musicale du jour:
Claudio Monteverdi, Vespro della Beata Virgine
Gabrieli Consort

Posté par Ariana Lamento à 19:11 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2008

Une nouvelle poubelle

A chaque fois que je rentre en France, je trouve que tout est plus beau, plus coloré, inventif, recherché, original et petit.
Je suis toujours surprise, les premiers jours, de la taille du tube de dentifrice, des oeufs, et SURTOUT du rouleau de sopalin.  Une des choses les plus impressionnantes, cependant, en taille, ce sont les rayons de yaourts, et bien sûr de fromages.  Mon mari est toujours scotché quand on va faire les courses du CHOIX en produits laitiers.  On parle aussi de l'hygiène des français, mais en sélection de déodorant à Auchan, on fait quand même pas mieux.  Et puis, au bout de deux ou trois jours, je m'habitue à la taille des voitures et à la dextérité de mon père qui conduit aussi facilement à travers les minuscules ruelles françaises.

Tiens, en parlant de ça, Tonguette s'est débarassée de sa poubelle bagnole et s'est achetée une voiture NEUVE

4X41
Un truc encore super bon pour la couche d'ozone.

Avec Titi, nous ne voulions pas attendre la sortie des enfants dans la voiture, par 33 degrés, c'est un peu limite pour le petit, et la clim à fond pendant 20 minutes, ça la foutrait mal avec le commentaire que je viens de faire sur la greenitude de Tonguette.  Avec Titi, disais-je, nous avons fait une petite promenade d'une dizaine de minutes autour de son nouveau cargo véhicule, et nous avons pu apercevoir, malgré les vitres fumées, les écrans plasma 31 pouces au dos des appuis-tête, la petite trentaine de porte boissons, la glacière intégrée, les sièges chauffants (???), le distributeur de crème solaire, et l'appartement du fond le coffre.  Nous nous sommes même demandés s'il y avait la place pour la machine à laver ET le sèche-linge entre les sièges à l'avant.  Hum...
En tous cas, Tonguette n'a pas perdu un instant, et a remis ses stickers vite fait à l'arrière de son tank 4X 4.  Des petits ours sur le côté, représentant sans doute ses 4 enfants, le fameux

COEXIST_BUMPER_STICKER2
très à la mode, disponible en noir, rouge et fuscia.

son inénarrable "Caution, I drive like you", et surtout, son autocollant des Grateful Dead, qui me la rendrait presque sympathique.  Mais la voilà qui arrive, je me recule, discrète, elle fonce vers moi et s'adresse immédiatement à Titi dont le charisme m'étonne chaque jour un peu plus, mais qui répond aux avances de Tonguette par un mouvement de tête énergique et un puissant "non, non, non pas!" pour éviter une tentative d'enlèvement.  Sa petite main serre mon bras fortement et on peut entendre les bruits de sussion de pouce jusqu'en Georgie.  Tonguette le trouve, naturellement irrésistible et le hurle crie à qui veut (mais qui veut?) l'entendre, et je me dis que non, décidément, le moment est mal choisi pour lui dire qu'il y a quelques années, à Los Angeles, Phil Lesh (bassiste et membre fondateur de son groupe adoré) était dans le public pour un concert où j'étais soliste.  Je pense garder cette anecdote pour plus tard.  De deux choses l'une: ou vous entendez Tonguette depuis la France, ou ça la lui coupe pour un petit moment. 

Ma préférence?


Suggestion musicale du jour:
Ecoutez du Tango!  Ca vous fera sourire!



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23 mai 2008

Do it yourself!

J’avais mis un magnet sur mon frigidaire, dans mon ancienne maison, mais comme mon nouveau frigo ici est stainless steel, on peut rien y accrocher.

J’ai peut-être trouvé quelqu’un à qui le donner.

 

Vous vous souvenez peut-être de mon billet sur Panera, là où j’achète ma French baguette à l’aisselle. Et bien, j’ai été témoin d’un truc qui m’a un peu étonnée, peut-être à tort, vous en serez juges.

 

L’autre jour, je fais la queue pour le pain avec Titi dans les bras qui drague de son petit sourire séducteur toutes les nénettes de la file d’attente. Je l’ai à l’œil, celui-là. Heureusement que le rabin n’a pas de fille… 

 

Une femme d’une soixantaine d’années se dirige vers le comptoir, celui où l’on vous donne votre eau marronnasse café, non, celui où l’on prend votre commande, ou plutôt non, celui où l’on vous tend votre plateau, à moins que ce soit celui où l’on vous vole encaisse,  -- Tiens, ça me rappelle mon premier café à Starbucks quand j’habitais New York, il y a 12 ans (à l’époque, je ne SAVAIS pas !!!) je rentre et m’assois, et j’attends bien 10 minutes qu’on vienne prendre ma commande avant de réaliser qu’il faut que j’aille MOI-MEME demander mon café à la caisse. J’ai eu un peu la honte, mais bon, le ridicule ne tue pas, en fait, ici, il FERAIT presque vivre. – Mais je m’éloigne de notre cliente. Bref, elle glisse quelques mots à une employée qui la suit vers sa table. L’employée revient ensuite vers un gros meuble situé vers l’entrée, juste à côté de moi, l’ouvre, en retire un seau, y plonge la main et ressort une lavette grisâtre dont un liquide déguelbiff dégouline. Non, me dis-je, elle ne va tout de même pas nettoyer la table avec cette horreur ? 

Vous pouvez être rassurés, il n’en est rien. Elle tend la chose à la cliente qui va elle-même s’occuper de sa table.

Faudrait tout de même pas pousser.

Make_Yourself

 

Alors, je leur donne, ce magnet, à Panera ?


Suggestion musicale du jour:

Paul O'dette (luth)

The Bacheler's delight

Galliard


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22 mai 2008

La déclaration

En rentrant de l’école, ma fille (5 ans) me déclare qu’elle a demandé en mariage le fils du rabin.

 

J’attends la suite, confiante.

 

« Il a dit non. »

 

Je la regarde, compatissante, mais elle a l’air content.

 

« Mais il avait un grand sourire ! »

 

 

C’est beau, l’amouuuuur, non ?

 

 

N’empêche que j’en connais un qui va s’en mordre les doigts, dans quelques années…


 


 

mariage

 

 

 

Suggestion musicale du jour :

Monteverdi (on se rapproche)

L’Orfeo

Ritornello du Prologue

Emmanuelle Haïm

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18 mai 2008

Les media

Il y a quelque temps, plusieurs nuits de suite, nous sommes réveillés entre 4 et 5 heures du matin par un grand boum. Ca n’a pas l’air d’être le voisin, plus saoul que d’habitude, j’en déduis bien vite que c’est le livreur de journaux qui balance allègrement notre quotidien par flemme de s’approcher de la maison. Un coup de fil à qui de droit, et c’est réglé, j’en connais un qui pourra à peine s’acheter des clopes avec ses étrennes.

 

Se faire réveiller par une feuille de chou. Impensable. En plus, le New York Times est gratuit sur Internet, mais il faut la journée… 

NYT_downtown

D’ailleurs, on ne le dira jamais assez, méfiez-vous des media. Ca me rappelle une mésaventure qui a bien changé mon regard sur le monde des news. Mais je vous la fais courte. C’était il y a quelques années, à San Diego : naissance de ma fille, bébé en siège, césarienne. Une journaliste de télé locale décide de faire son émission sur la montée en flèche des naissances par césarienne (ici appelées C-section) aux US, soi-disant encouragée par les OB (gynécos) par crainte de procès suite à des épisios mal faites (en parlant de procès, j’en ai une bonne, remind me later). Donc le lendemain de la naissance, une infirmière me demande si je veux bien donner une interview. Dans le gaz, j’accepte, et je vois ma chambre d’hôpital soudainement et rapidement redécorée avec les fleurs des cellules chambres voisines, des ballons avec marqué « It’s a girl ! » (ça, je savais), et tout et tout. C’est surtout les nurses qui sont excitées par l’évènement. Nous habillons le bébé d’un beau pyjama jaune, quant à moi, après 30 heures de travail, une nuit sous morphine et une césa, j’avais connu des jours plus sexys, vous vous en doutez.

g_teau_de_couches

Il y avait même un gâteau de couches (diaper cake)... entre ça et le saumon au lave-vaisselle, je ne sais plus trop quoi penser...

 

L’équipe de la télé arrive, la journaliste me pose des questions, elle essaie d’orienter mon discours vers le fait que l’hôpital et les médecins m’ont mis dans la tête de ne pas accoucher vaginalement, je nie tout EN BLOC, défend mon gynéco avec passion, puis elle me demande comment j’envisage mon prochain accouchement dont je ne contemple AUCUN ASPECT à l’heure qu’il est, je peux même pas pisser toute seule, je ne me vois pas du tout me présenter devant mon mari comme évènement érotique de l'année et l'inviter à batifoler dans les bois, et je lui dit, avec mon tact habituel.   Elle rougit. – M’enfin.


Non, pas de photo.

 

Ensuite, elle me fait parler de l’avenir du bébé (avec mon accent français à couper au couteau, je crains les sous-titres lors de la diffusion du reportage, car ils en sont capables), de ce que je souhaite pour son avenir, moi, magnanime, je dis que la petite fera ce qu’elle désire (depuis, j’ai un peu changé d’avis, ça m’ennuierait quand même qu’elle soit altiste), et elle s’en va.

Quand le reportage passe à la télévision, bien sûr, tout ce que j'ai dit concernant l'accouchement est coupé.  On garde la petite Frenchie avec son bébé tout mimi, mais le message est clair: ici, dans cet hôpital renommé de San Diego, on encourage l'utilisation de la chirurgie pour mettre les bébés au monde.  Merde. (Excuse my French)


Je dois vraiment parler englais comme une vache espagnole.


Suggestion musicale du jour:

Vivaldi, Cello Cto in B minor RV 424

Christophe Coin



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16 mai 2008

Une recette bien de chez eux...

En attendant mon prochain billet qui mijote,  voici une recette que j'ai trouvée en cherchant une nouvelle idée pour mes beaux filets de saumon.

 

 Salmon in a Dishwasher

  • salmon fillets
  • aluminum foil
  • a lemon
  • a few butter pats
  • electric dishwasher

Place the fish on two large sheets of aluminum foil. Squeeze on some lemon juice and place the pats of butter on the salmon fillets. Seal the fillets well in the foil, and place the foil packet in the top wire basket of your electric dishwasher. DO NOT ADD SOAP OR DETERGENT. Close the dishwasher door, set the dishwasher on the hottest wash cycle, complete with drying cycle, and let it run through a full cycle. When the cycle is complete the fish will be cooked just right.

coho_salmon

dishwasher


Rassurez-vous, JE N'ESSAIERAI pas, mais si le coeur vous en dit, préparez votre poisson, et, si vous êtes encore vivants ou pas encore internés, faites-nous part du résultat.

Pour ceux dont l'anglais serait encore approximatif, il s'agit d'une recette de saumon à préparer au lave-vaisselle.

A noter que l'on vous encourage fortement à ne pas utiliser de produit vaisselle.  No kidding.


Suggestion musicale du jour:

Pavan lachrimae John Dowland

Hopkinson Smith


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14 mai 2008

Dites 33...

J’habite assez loin de là où je suis née.

J’ai donc la chance de répondre aux doux noms d’expatriée, d’immigrée, d’étrangère, de Frenchie, d’alien. J’ai même un « A » number.

Aaaalien

 

 

 Cette photo ne me rend pas justice.

 

Imaginez vous que lorsqu’on décide de vivre de l’autre côté de l’Atlantique, il faut montrer patte blanche. Ce n’est sans doute pas typiquement humain de vouloir protéger son territoire, je me prends parfois à imaginer les oiseaux migrateurs instaurer des règles d’entrée de leur domaine, sur quels critères ils choisissent leur nuage frontalier, quelles sont leurs modalités d’entrée, du genre combien d’insectes comptez-vous manger, sur quels monuments allez-vous déféquer, attention, il y a un méchant virus qui traîne, voilà ! Signez ici, de votre plus belle plume…

 

Bon, j’atterris.

 

Nous, humains, qui voulons poser nos valise en Amérique pour un peu plus de 90 jours, devons remplir des pages entières, insérer notre vie dans des petites cases, déclarer nos richesses, payer des milliers centaines de dollars, répondre à des questions (dignes de celles du lapin des Monty Python – et si vous répondez mal, hop ! siège éjectable,) du genre, comptez-vous pratiquer la polygamie ? (moi, franchement non, un mari ça me suffit amplement), ou, étiez-vous un officier nazi durant la deuxième guerre mondiale? (je ne sais toujours pas quoi penser.  Deuxième degré, peut-être?)

ET passer une visite médicale avec examens sanguins à l’appui.

Et c’est là que les Athéniens s’atteignent, pas tant pour moi, mais pour une de mes amies que nous allons appeler Numéro 6.

 

Un peu d’histoire… Non, je plaisante. Je voulais juste dire qu’aux Etats-Unis, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, on ne vous vaccine PAS contre la tuberculose, on la détecte. Pas de BCG, donc pas de rappels, pas de grosse boule rouge sur le brase en cas de mémoire immunitaire, pas de problème. 

tuberculose

C'est pour égayer un peu
 

 

Donc, on vous fait un test cutané, quand vous venez d’ailleurs (et je viens de bien ailleurs), pour voir si vous avez la maladie. Dans mon cas, mon corps s’est souvenu, il m’a donc fallu faire une radio des poumons qui s’est avérée magnifique, mon médecin m’a donné carte blanche, j’étais saine.

 

Numéro 6, quant à elle, a fait la réaction cutanée, la radio, et oh, horreur ! Présence d’éléments douteux, mise en culture des cellules et voilà-t’y pas qu’elle A la maladie, une tuberculose latente, je vous rassure, elle n’était pas contagieuse, MAIS QUAND MÊME. La pneumologue s’excuse presque d’avoir à avertir les services concernés, ajoutant même que certaines personnes avaient tendance à y être un peu…nazis. 

 

Non, Numéro 6 n’a pas été déportée pour cela. Ah non, ce n’est pas le mot, ça, c’est celui utilisé ici, comment dit-on en français, déjà ? Ah, oui, « reconduit à la frontière », c’est-y pas mignon ?

 

Et bien, me direz-vous, du haut de votre expérience de français bien au fait, qu’elle prenne ses antibiotiques et qu’on n’en parle plus !

Pas si simple, car pour s’assurer que Numéro 6 prend bien ses médicaments, les « services » envoient une infirmière qui vient TOUS LES JOURS vérifier que mon amie avale ses 8 cachets (ben oui, elle vient tous les jours, mais pas trois fois par jour, faudrait pas exagérer, alors, 8 pilules à la fois !) Rapidement, la malade baptise son bourreau « la pétasse ». Par respect, et parce que l’auteur de ces lignes ne connaît pas cette dame, nous l’appellerons « Frau P. » Et comme si superviser la prise quotidienne des médicaments ne suffisait pas au malaise de Numéro 6, Frau P. met les cachets SOUS CLEFS entre ses visites. Pétage de plomb de Numéro 6, qui lui hurle déclare qu’elle n’avait pas besoin de faire ça, qu’elle comprenait très bien qu’il fallait qu’elle se soigne, qu’elle n’allait pas mettre les précieuses pilules à la poubelle, et que grâce à son doctorat en mathématique elle savait compter jusqu’à 8. Frau P. en réfère à son chef qui accepte de ne pas enfermer les doses, mais qui continue d’envoyer son assistante tous les matins, sauf les week end. Parfois, Frau P. n’est pas à l’heure avant le départ de Numéro 6 au travail : elle lui dit qu’aujourd’hui, elle ne viendra pas vérifier. Quand mon amie vient chez moi pour ses cours de flûte (une tuberculose flûtiste, quelle audace !!!), et que je lui demande des nouvelles de son infirmière particulière, elle me lance un regard noir. Pourtant, c’est Frau P., et non le médecin, qui lui dira que ces antibiotiques annulent les effets de la pilule contraceptive et, de toutes façons il n’est pas conseillé d’essayer d’avoir un enfant pendant cette période. 

 

Le traitement dura 6 mois, à l’issu desquels la radio des poumons s’avéra normale. Numéro 6 est maintenant guérie d’une maladie grave malheureusement en recrudescence depuis quelques années.


Alors, merci qui?


Suggestion musicale du jour:

Sailing to Death

Eric Serra

Le Grand Bleu
 

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10 mai 2008

Une mère d'expat.

Une mère d’expat…

 

C’est celle qui vient quand vous lui demandez

 Qui vous apporte de France des trucs de première nécessité comme des cartouches d’encre bleu des mers du sud, ou des fraises Tagada

 Qui joue des heures, assise par terre, au Mistigri avec votre fille

 Qui pense que vos enfants sont très avancés pour leur âge, et très beaux (non, non, détrompez-vous, il n'y a pas qu'elle qui le pense, moi aussi)

 Qui est toujours partante pour aller prendre un café

 Qui vous dit que vous avez encore maigri et que vous ne paraissez pas votre âge

 Qui vous perd vos ciseaux de cuisine (encore portés disparus à ce jour… Maman, ils sont ?)

 Qui vous dit, quoi que vous portiez : « Ca, c’est très à la mode en France ! »

 Qui vous prépare votre thé EXACTEMENT comme vous l’aimez

 Qui lit chez vous les ouvrages psy conseillés par votre mari mais auxquels vous préférez les romans français « dont TOUT le monde parle » et qui ont plombé sa valise

 Qui vous casse deux ou trois verres à vin par séjour

 Qui écoute pendant des heures tout ce que vous n’avez pas eu l’occasion de dire en français depuis trois mois, et qui corrige gentiment votre vocabulaire

 Qui remplit la chambre de vos enfants de monstres en carton, poupées de laine, figurines en argile, peintures et dessins faits avec votre fille et que vous n’osez pas jeter parce que c’est TROP elle

 Qui prend AUSSI des photos de vous

Qui par sa seule présence apporte toute la France dans votre foyer

 

Bonne fête, maman, et reviens vite, il reste encore quelques tasses à casser…

Gr_ments


Suggestion musicale du jour:

Be Arvot Aneguev

Sabrina Shalom

 

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08 mai 2008

De ma fenêtre

L’autre jour, vision pour le moins étrange, j’ai constaté que mon voisin (de droite – d’où que vous soyez placé, d’ailleurs), faisait ses grillades au barbecue ASSIS.

barbecue

 

Peut-être joue-t-il du piano debout ?


Suggestion musicale du jour:
Cirque du Soleil: Miracula Aeternitatis

Posté par Ariana Lamento à 19:14 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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